Eglise Saint-Martin - Office de Tourisme du Val de Noye

Descriptif :

Saint-Martin d'Ailly sur Noye était dans un tel état de vétusté à la fin du 19ème siècle qu'elle fut démolie pour être remplacée par l'édifice actuel, construit entre 1892 et 1895 sur les plans de l'architecte amiénois Paul Delefortrie qui y mêla les styles néo-roman et néo-gothique. Delefortrie ayant dû modifier l'orientation de l'église afin de l'agrandir, la façade principale ne se trouve plus tournée vers le bourg mais vers le nord. Pour pallier cet inconvénient, l'architecte a élevé contre le bras ouest du transept un grand portail surmonté d'une tour terminée par un clocher.
En 1897, on plaça dans la nouvelle église les éléments mobiliers anciens qui avaient pu être conservés, parmi lesquels le tombeau de Jean de Luxembourg et de son épouse, classé parmi les Monuments historiques depuis 1862.
Jean de Luxembourg, bâtard de Saint-Pol, chambellan du Duc de Bourgogne Philippe le Bon, était seigneur de Hautbourdin, en Flandre, ainsi que d'Ailly sur Noye. Il s'illustra durant la guerre de Cent ans par de nombreux faits d'armes.
Il mourut le 28 juillet 1466 et son épouse ne lui survécut que 13 jours. Les corps furent déposés dans l'église d'Ailly sur Noye et l'on plaça sur leur tombe un monument funéraire sculpté dans des dalles de pierre noire de Tournai. Les seigneurs y sont représentés en gisants. Leur tête repose sur un coussin; au dessus, deux anges portent le collier de la Toison d'Or, ordre de chevalerie créé par Philippe le Bon. Son épouse, Jacqueline de la Trémoille, est parée d'un riche vêtement et d'une somptueuse coiffure alors à la mode. Selon l'usage, les pieds du chevalier reposent sur un lion, symbolisant la force, et ceux de sa dame sur un chien, image de la fidélité. Autour du tombeau défile le cortège funéraire constitué de clercs et de laïcs, que l'on appelle pleurants, vêtus de longs manteaux de deuil.
Le tombeau a malheureusement souffert de l'usure du temps. En 1840 déjà, l'inspecteur des Monuments historiques Hyacinthe Dusevel s'indignait que "de grossiers paysans grimpent sans cesse sur les statues du seigneur de Hautbourdin et de son épouse afin de mieux voir le prêtre célébrer l'office en écrasant de leurs lourdes chaussures les nobles traits de ces illustres personnages".
Mais les plus gros dégâts résultent de l'effondrement du clocher de l'ancienne église, survenu le 20 décembre 1870 à la suite des ébranlements occasionnés par le passage des trains d'artillerie des armées prussiennes. (Source : Pays du Trait vert)

Visite sur réservation auprès de l’Office de Tourisme du Val de Noye au 03 22 41 58 72

 

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